Jean Benoist
🟦 Hommage à Jean Benoist (1929–2025)
Anthropologue, historien, chercheur… et membre fidèle du CGD pendant plus de vingt ans
🔷 Un scientifique de renommée internationale
Né en 1929, Jean Benoist débute sa carrière dans la biologie humaine aux Antilles, avant de devenir l’un des plus grands spécialistes de l’étude des sociétés créoles et de l’anthropologie médicale.
Professeur à l’Université de Montréal à partir de 1980, il y enseigne l’anthropologie pendant vingt ans et publie son premier ouvrage en 1983. Son parcours scientifique, reconnu bien au-delà du monde francophone, témoigne d’une curiosité intellectuelle rare et d’une capacité unique à comprendre les sociétés humaines dans leur complexité.
🔷 Un membre fidèle et engagé du CGD (2002–2024)
Jean Benoist rejoint le CGD en 2002. Il y restera membre sans discontinuer pendant vingt-deux ans, participant activement à la vie de l’association et contribuant de manière exceptionnelle à notre revue Généalogie & Histoire.
Son attachement au Dauphiné, à ses familles, à ses archives et à son histoire s’est exprimé avec une constance remarquable. Pour lui, la généalogie n’était pas seulement une recherche de filiations : c’était une manière de comprendre les trajectoires humaines, les structures sociales et les héritages culturels — une démarche profondément anthropologique.
🔷 Un auteur majeur de Généalogie & Histoire
Les nombreux articles qu’il a publiés dans notre revue constituent aujourd’hui un corpus exceptionnel, tant par leur richesse documentaire que par leur qualité d’analyse.
Ses travaux couvrent plusieurs siècles d’histoire dauphinoise et se répartissent en grands ensembles :
Les grandes figures du Dauphiné
Avec ses deux études consacrées à Guichard Déageant, premier président de la Chambre des comptes du Dauphiné, il revisite un personnage complexe, mêlant archives anciennes, sources nouvelles et regard critique.- La vie quotidienne et les sociétés rurales
Dans ses articles sur Aoste (1805–1820) ou sur les grangiers du Valromey, il explore la mémoire villageoise, les structures familiales, les sociabilités locales et les transformations du monde rural. - Les destins individuels dans l’histoire
Qu’il s’agisse de Louis Perrin, journaliste résistant déporté, ou d’Adolphe Louis Timoléon de Gratet Dupré, officier blessé puis interné, Jean Benoist excelle à restituer des vies marquées par les tourments de l’histoire.
Les mobilités, les métiers et les mutations économiques
Ses deux articles sur la Fabrique lyonnaise et les familles Jacquet et Perrin montrent comment les trajectoires familiales s’inscrivent dans les bouleversements économiques du XIXe siècle.- Les grandes familles dauphinoises et leurs réseaux
Dans son étude sur Élisabeth de Thoulouze et les familles Passart et Le Peultre, il relie Paris et le Dauphiné, montrant comment les lignages se croisent et se recomposent.
À travers tous ces travaux, on retrouve sa signature : une écriture claire, une érudition solide, un sens aigu de l’humain et une profonde bienveillance envers les figures qu’il étudie.
🔷 Ce que Jean Benoist a apporté au CGD
Jean Benoist s’était rapproché du groupe local AVT du CGD pour mener plusieurs entretiens sur ses origines familiales dauphinoises, en particulier des lignées de médecins, chirurgiens et notaires du Bas‑Dauphiné entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle.
Ces échanges ont permis d’approfondir des recherches sur de nombreuses familles de Dolomieu, Aoste, Vienne, Saint‑Geoire‑en‑Valdaine et des terres dauphinoises voisines, dont les Régis, Comte, Grubis, Guetat, Gratet, ainsi que plusieurs praticiens de la région viennoise.
À la demande de Georges Richard, il avait également présenté des conférences consacrées à des figures locales marquantes, notamment Gaspard Régis et Guichard Déageant, contribuant ainsi à valoriser l’histoire familiale et sociale du Dauphiné ancien.

Dans un geste d’une grande générosité, Jean Benoist a offert au groupe l’un de ses derniers ouvrages, Des histoires du temps passé…, tiré à seulement vingt exemplaires.
Ce don rare, dédié à Georges Richard, Anne Bojon et à l’ensemble du groupe AVT, témoignait de la qualité des échanges et de son attachement aux recherches menées autour des anciennes familles du Dauphiné.
🔷 Ce que Jean Benoist nous transmettait lors de ses conférences au CGD
Au‑delà de ses travaux d’historien et d’anthropologue, Jean Benoist partageait une vision profondément humaine de la généalogie. Pour lui, rechercher ses ancêtres n’était pas seulement accumuler des documents, mais redonner une présence à ceux que le temps avait effacés.
Il l’exprimait avec une sensibilité rare :
« J’étais parti à la recherche de mes grands‑parents, trop tôt évanouis… Ils étaient désormais entrés dans ce présent perpétuel qu’accorde l’Histoire à ceux dont elle a restauré le visage et la vie. »
Certaines figures devenaient pour lui de véritables compagnons de route : Gaspard Régis, Guichard Déageant, François Dupré, Élisabeth de Thoulouse, Déodat de Dolomieu, Péronne Léger…
À travers les archives, il avait parfois « le sentiment d’un véritable dialogue avec eux ».
Cette approche, profondément anthropologique, faisait de la généalogie un acte de transmission, une manière de relier mémoire, identité et humanité.
🔷 Un héritage précieux
Pour le CGD, Jean Benoist laisse une œuvre qui continuera longtemps d’inspirer nos membres, nos chercheurs et nos lecteurs.
Ses articles constituent un véritable patrimoine, un ensemble cohérent et exigeant qui témoigne de son amour du Dauphiné et de son engagement pour la connaissance.
Nous garderons de lui l’image d’un homme discret, passionné, rigoureux et profondément humain.
Le Centre Généalogique du Dauphiné lui rend hommage avec gratitude et respect.